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| Rue des Jugleors Musique instrumentale et vocale du XIIe au XIVe siècle FL 2 3056, ANALEKTA, Fleurs de Lys, 1995. Sise au cur du Paris médiéval, la Rue des Jugleors est à lenseigne de ces artisans venus de tous les coins dEurope pour senrichir des nouvelles connaissances de lart musical et contribuer ainsi à leffervescence artistique de la métropole. Le Paris du Moyen Âge est divisé en trois parties: la Ville, lîle de la Cité et lUniversité. La Ville, sur la rive droite, est le lieu de commerce et de résidence des bourgeois et des gens du peuple. Au milieu de la Seine, lîle de la Cité est le lieu où se trouve le roi ainsi que les principaux centres religieux et administratifs. Sy trouvent également des chanteurs et des compositeurs émérites au service de Notre-Dame et de la Sainte-Chapelle qui approfondissent les découvertes récentes de lart polyphonique. Enfin, sur la rive gauche se déploie lUniversité où clercs et étudiants, théoriciens et érudits affluèrent de tous les pays dEurope vers ce quon nomme encore aujourdhui le Quartier Latin. Aux XIIIe et XIVe siècles, ces divisions créèrent une grande diversité dans lactivité musicale de la ville. À Paris comme ailleurs, les citoyens chantaient et dansaient aux mariages, aux banquets et lors de diverses célébrations de fêtes. Pour ces occasions, le jongleur est un interprète qui a pour rôle damuser, comme le souligne létymologie de son nom joculator. À la cour cependant, le goût dune vie plus agréable, plus raffinée, lautorise à prendre une place plus importante au château: damuseur quil était, il devient ménestrel, confident et conseiller, puis historiographe. Outre les ménestrels attachés au service du roi, dautres musiciens sétaient probablement établis sur la «Rue des jongleurs» où ailleurs dans les environs, vivant de leur art selon les goûts des nobles et des bourgeois qui cultivaient lart courtois des trouvères et des troubadours ainsi que lart raffiné du motet polyphonique. Les universités, alors nouvelles, répandent le savoir et favorisent lémergence de poètes et musiciens marginaux, les goliards. Ces clercs pauvres et lettrés, vaguant dune université à lautre, de protecteur en protecteur et qui recherchaient, comme le dit un contemporain, « les arts libéraux à Paris, le droit à Orléans, la médecine à Salerne, la magie à Tolède et les bonnes manières et la morale nulle part! » Les goliards empruntent leurs mélodies à la liturgie et sadonnent à la chanson damour, bachique et anticléricale. Leur uvre, en grande partie dorigine française, est principalement consignée dans le manuscrit bavarois des Carmina burana. La musique des jongleurs et ménestrels La littérature médiévale abonde en citations qui se réfèrent à la musique des jongleurs et les enlumineurs médiévaux nous ont laissé de nombreuses images les illustrant. Cependant, nous connaissons peu de choses sur les musiques instrumentales quils nous ont laissées et une importante question se pose: ces musiques étaient-elles destinées à la chorégraphie ou plutôt à la virtuosité instrumentale? Les traités de Jean de Grouchy (De Musica, env. 1300) et de Jérôme de Moravie (Tractatus de Musica, v. 1300), nous apprennent que la plupart, alors répertoriées, estampies ou istanpitta, retrove, ou danse royale, correspondent essentiellement à la même structure musicale. Lestampie savère la forme la plus répandue. Elle était probablement une danse de couple, contrastant avec la danse en rond ou en ligne, comme la carole ou la farandole. Ce répertoire, daprès plusieurs sources descriptives, était destiné à un petit groupe dinterprètes (de 3 à 5 en général), bien que certaines descriptions de fêtes colorées mentionnent la participation de plus dune douzaine dinterprètes. Enfin, cest moins dune cinquantaine de ces musiques, antérieures au XVe siècle, qui sont parvenues jusquà nous. Cela semble clairement indiquer que la tradition orale était alors très présente dans lart du trouveur et que limprovisation et le métissage des cultures, quelles soient européennes ou du Moyen-Orient, étaient alors choses courantes pour les jongleurs et ménestrels. Notes de Claude Bernatchez et Pierre Langevin Liste des pièces, durée, origines et instrumentation Jongleurs, ...
ménestrels...
et goliards.
Note : Linstrumentation des titres est conforme au placement des interprètes lors de lenregistrement. Transcription et arrangements: Claude Bernatchez |
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Illustration: toile de Louise Fillion (détail)
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| © Ensemble Anonymus 2010 |
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