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«...on simprègne dune athmosphère sereinement amusante et qui charme. ...La sincérité reprend ses droits avec noblesse.» Tempus Festorum Puisant à la richesse des traditions médiévales, Tempus Festorum vous convie à célébrer le temps des fêtes aux sons de musiques du XIIe au XVe siècle. Vous y entendrez, entre autres, des extraits des manuscrits de Fleury, de Montpellier, de Bamberg, dArundel, de lÉcole de Notre-Dame de Paris ainsi que des cathédrales de Sens et de Beauvais. Des musiques sacrées dinspiration savante ou populaire, des chants et des instruments médiévaux aux couleurs contrastées vous feront apprécier toute la beauté et la diversité des rituels entourant la fête de la Nativité au Moyen Âge. La fête Depuis des temps immémoriaux, la fête est le propre de lhomme. Indissociable des différentes étapes de son existence, elle rehausse la solennité dévénements à caractère sacré ou politique et souligne les grands changements de saisons dont sont tributaires les travaux des champs et, par conséquent, la survie même de lhumanité. Si lAntiquité est marquée par les jeux et les sacrifices, le Moyen Âge religieux assimile au fil des siècles certaines traditions païennes, comme les saturnales romaines, tandis que la noblesse rivalise en couronnements fastueux, en tournois chevaleresques et en banquets auxquels sassocient la musique et la danse. Dans le calendrier médiéval, généreusement ponctué de célébrations religieuses denvergure, le temps de Noël, qui vient réchauffer les curs engourdis par la saison hivernale, est un moment particulièrement propice à la fête. Pendant que la chute des feuilles, le froid et la neige mettent un frein aux activités quotidiennes, paysans et citadins, à lapproche du solstice, saffairent à préparer la naissance de Jésus. Dans cette société féodale soumise à la loi du plus fort et à la sévérité de la morale religieuse, où font rage guerres et croisades, épidémies de peste et autres fléaux, le Tempus festorum entourant Noël est attendu avec impatience. Napporte-t-il pas un message de rédemption et de retour à la vie? Le temps des fêtes Du 6 décembre à lÉpiphanie ont lieu, selon le musicologue Pierre Aubry, les « assises annuelles de la joie (1) ». La première fête du temps de lavent rend hommage à saint Nicolas, évêque de Myre (mort en 325), patron des marins mais surtout celui des enfants. Ses reliques ayant été ramenées, en 1087, dAsie mineure à Bari en Italie du sud, le Santa Claus du Moyen Âge devient rapidement vénéré dans toute lEurope. En son honneur sont composés de nombreux jeux liturgiques et des motets polyphoniques tel le joyeux Psallat chorus à trois voix attribué à Francon de Cologne et figurant dans plusieurs manuscrits du XIIIe siècle. LImmaculée Conception, fêtée le 8 décembre, rappelle, par une musique contemplative (Angelus ad Virginem) ou richement ornée (Dum sigillum summi patris), la dévotion dont la Vierge est lobjet, principalement entre les XIIe et XVe siècles. La fête de Noël tient de la ferveur et de lémerveillement, mais aussi de lallégresse populaire : les vièles, les chifonies, les cornemuses, les flûtes chères aux paysans sont à lhonneur, comme en témoignent les miniatures amoureusement enluminées par les moines et les artistes du Moyen Âge. Les bergers guidés par lAnge vers la crèche invitent, dès le XIe siècle, au dialogue chanté et à la mise en scène. Ces jeux liturgiques avaient pour but de « fortifier la foi de la multitude ignorante et des novices », écrivait vers 965 le bénédictin anglais saint Ethelwold. Cependant, le jour même de Noël, la prière tourne à leuphorie : la fête dite des fous va commencer et, selon les endroits, elle durera plus dune semaine, affectant aussi bien la Saint-Étienne (26 décembre), les Saints-Innocents (28 décembre) que le jour de lAn, pourtant jumelé à la Circoncision... Comme à lépoque des saturnales, les nobles et les pauvres échangent leurs rôles, tandis que dans léglise se déroule une parodie de messe et que lon danse jusquà épuisement. Le 28 décembre les enfants prennent leur revanche sur le massacre ordonné par Hérode en célébrant eux-mêmes la messe. Cest alors la journée de lEnfant-évêque. Entre Noël et le jour de lAn, à Beauvais et à Sens, tel que consigné au début du XIIIe siècle dans loffice de Pierre de Corbeil, évêque de Sens, cest lâne associé à la fuite en Égypte qui fait son entrée dans la cathédrale pour la plus grande joie des fidèles. Les musiciens en profitent pour parodier, le temps dune messe, le très vénérable Kyrie Cunctipotens, fleuron du répertoire du Moyen Âge, ou pour ponctuer dun vigoureux « Hez, Sire asne, Hez! » un délicat chant marial (Concordi lætitia) dont on a changé les paroles (Orientis partibus). Lévêque de Paris, Odon de Sully, a beau interdire en 1198 ces coutumes pour le moins étranges, il faudra attendre les conciles de Bâle (1431) et de Tolède (1473) pour que disparaissent ces débordements de joie frôlant lobscénité : « LÉglise (...) doit être purgée de choses honteuses». Il sera donc défendu dy introduire «des larves, des monstres et dy faire des jeux de théâtre, (...) de pousser des cris, de chanter des vers, et de tenir des discours dérisoires qui empêchent loffice et détournent lesprit du peuple des choses pieuses (2) ». À partir de manuscrits dépoque et déléments improvisés selon la tradition, cest latmosphère à la fois débridée et empreinte de piété des fêtes médiévales de Noël quont voulu faire revivre, par cet enregistrement, les musiciens de lEnsemble Anonymus. Textes « La fête » et « Le temps des fêtes » par Irène Brisson, professeure dhistoire de la musique et dhistoire de lart au Conservatoire de musique de Québec. 1) Pierre Aubry, La musique et les musiciens déglise en Normandie au XIIIe siècle. Paris, 1906 2) Concile de Tolède, 1473, dans Guy Bernard, Lart de la musique Listes des pièces, durée, origines et instrumentation Saint Nicolas
LImmaculée Conception
Noël
La Circoncision
La Fête des ânes
Note: Linstrumentation des titres est conforme au placement des interprètes lors de lenregistrement. Transcription et arrangements: Claude Bernatchez [tous sauf 5, 8a], Guy Ross [5], Pierre Langevin [8a] |
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Illustration: La Nativité, 1966, Huile sur toile de Jean Paul Lemieux, Québec
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| © Ensemble Anonymus 2010 |
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